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Convention citoyenne sur la fin de vie : quelles conclusions ?

Le 9 décembre dernier s'ouvrait la Convention citoyenne sur la fin de vie. 184 citoyens de sexe, de région, de catégorie socio-professionnelle et d'âge différent avaient été tirés au sort pour participer au débat autour de la question suivante : "Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ?"

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Cette convention avait pour but de faire participer des citoyens à des débats d'intérêt public.

Les recherches et conclusions effectuées par les tirés au sort devaient aider à faire avancer le débat sur la fin de vie en France, qui est un sujet tabou depuis longtemps.

La plupart des Français estiment que la question devait quand même être abordée, car c'est un enjeu de société majeur.

Après une période de sensibilisation pour les participants à la convention, plusieurs sujets ont été abordés, avant d'arriver à une première conclusion collective :

Il y a premièrement "une inégalité d’accès à l’accompagnement de la fin de vie", mais aussi "une absence de réponses satisfaisantes face à certaines situations de fin de vie, notamment dans le cas de souffrances physiques ou psychiques réfractaires."

La dernière loi sur le sujet de la fin de vie (la loi Clayes - Leonetti) date de 2016 et autorisait une "sédation prolongée et continue", mais cette loi n'autorise pas une aide active à mourir pour les personnes en grande souffrance.

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La Convention citoyenne s'est terminée le 2 avril, et 76% des participants à la convention se sont montré favorables l'évolution du cadre juridique autour de la fin de vie, avec le constat qu'il fallait autoriser, sous conditions, l'euthanasie et le suicide assisté.

Mais il ne faut pas confondre euthanasie et suicide assisté. En effet, ces deux concepts très proches ont malgré tout une différence qui change l'approche juridique.

En effet, dans le cadre de l'euthanasie, c'est à un médecin ou un professionnel de santé de provoquer le décès chez une personne souffrant de douleurs morales ou physiques particulièrement extrêmes.

C'est le même principe pour le suicide assisté, sauf que dans ce cas, c'est à la personne souffrante de se donner la mort, dans des mesures extrêmement précises pour éviter les abus.

L'euthanasie active légale n'est autorisée que dans quelques pays comme le Canada, l'Espagne ou la Belgique. Cela reste donc un procédé encore très peu démocratisé.

Si la loi évolue sur le sujet, la fin de vie restera un domaine extrêmement réglementé et surveillé afin d'éviter les abus, car comme sur le sujet sur la peine de mort, on ne peut pas revenir en arrière après une euthanasie.

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Cette convention citoyenne a permis à la fois de faire avancer une question sociale qui faisait débat depuis de nombreuses années, mais aussi de faire directement participer des citoyens divers à la vie publique française.

Comme le disait Emmanuel Macron dans sa déclaration suite aux conclusions tirées de la Convention citoyenne : "La vigueur d'une démocratie suppose que le plus grand nombre franchisse ce seuil de la sphère privée vers l'agora publique, et franchir ce seuil, ce n'est pas simplement avoir un avis ou dire “je suis contre ceci ou cela ou cette décision qui est prise”, c'est de participer à la formation de la décision collective et que les citoyens se délestent un peu de ce que Tocqueville appelait la rouille démocratique."

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Même si certaines personnes estiment que cette Convention citoyenne n'a aucune légitimité car les représentants sont tirés au sort, cet évènement va peut-être débloquer la situation sur l'épineuse question de la fin de vie.

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